La récompense absolue ! Avec un total de 240,85 points, Brian Joubert a devancé le Japonais Daisuke Takahashi médaille d'argent (237,95 pts) et le Suisse Stéphane Lambiel, médaille de bronze (233,35 pts). Il est le troisième Français à remporter un titre mondial après Alain Giletti, son mentor, en 1960 à Vancouver (Canada) et Alain Calmat en 1965 à Colorado Springs (Etats-Unis). Malgré une performance moyenne sur son libre où il n'a fait qu'un quadruple saut et sept triples sauts, ce qui le classe seulement en 3e position avec 157,21 points derrière le Japonais Daisuke Takahashi (163,44), qui a tout donné devant son public, et le Suisse Stéphane Lambiel (160,65 pts), qui présentait un tout nouveau programme sur du flamenco.
Le Canadien Jeffrey Buttle, qui pointait en deuxième position après le programme court et que le Français considérait comme son plus dangereux rival, a sombré dans le libre, chutant à trois reprises pour échouer à la sixième place.
Le champion d'Europe a géré son libre pour remporter le titre en bénéficiant de son avance après le programme court. "Je ne voulais pas gagner le libre. Je voulais gagner le titre", a déclaré Joubert, en anglais, devant les 6.000 spectateurs du gymnase métropolitain de Tokyo. "Merci maman pour ton aide. Un grand merci au public japonais. Je vous aime et je vous donne rendez-vous en avril (pour un gala), a-t-il ajouté. "Cela fait 18 ans que je patine et que je travaille pour être champion du monde", a déclaré Joubert sur France 2. "Le travail a payé. C'est fabuleux. Cette saison a été extraordinaire. J'ai d'abord récupéré mon titre européen et maintenant, je suis champion du monde. Après la blessure, ça a été très dur. Ca m'a empêché de travailler dans les meilleures conditions."
Très ému, au bord des larmes, il est ensuite monté sur le podium où la Marseillaise a retenti dans la patinoire. Depuis Alain Calmat en 1965, aucun patineur français n'était monté sur la plus haute marche du podium d'un championnat du monde (Alain Giletti avait gagné en 1960). "C'est le meilleur patineur du monde depuis des années", a déclaré Alain Calmat, qui a assisté depuis la patinoire de Tokyo au sacre de son successeur. "Il le mérite terriblement. C'est un grand bonheur."
Mercredi: Joubert fait le grand écart
Tout va bien ! On attendait beaucoup de Brian Joubert, il n'y a pas eu de fausse note. Présent dans les grands rendez-vous, le patineur français a fait mieux qu'assurer le coup en prenant largement la tête du concours. Joubert a même battu son record personnel (80,75) en obtenant 83,64 points grâce à une excellente combinaison quadruple-triple boucle piqué (13,86 pts) et un bon triple Axel (8,36). Seule une petite erreur sur le triple flip en posant la main (-1) l'a empêché de réaliser le programme idéal.
Le Français passait juste après le tenant du titre, le Suisse Stéphane Lambiel, qui a chuté sur son triple Axel en présentant un nouveau programme court. Avec 72,70 points, Lambiel est 6e derrière les Américains Johnny Weir (4e avec 74,26 pts) et Evan Lysacek (5e avec 73,49 pts). Du coup, le seul à pouvoir empêcher Joubert de remporter le titre est Jeffrey Buttle. Le Canadien, dont la saison a été perturbée par des blessures, est revenu à son meilleur niveau. Avec 79,90 points, il bat son record personnel (77,72) et a obtenu un gros succès auprès du public japonais, très enthousiaste, qui lui a réservé une ovation debout.
Les deux autres patineurs français ont bien figuré, puisqu'Alban Préaubert est 10e avec 70,06 points et que Yannick Ponsero, pour son premier Mondial senior, est 12e avec 68,76 points. Prochaine étape jeudi lors du programme libre jeudi où Brian Joubert devra confirmer. En vue de la médaille de bronze, Takahashi, le chouchou du public, devra lui batailler avec l'Américain Johnny Weir, quatrième à seulement 0,25 point.
Joubert: "42 ans c'est long..."
Q: Que ressentez-vous après cette victoire ?
R: "C'est une médaille fabuleuse. Depuis le temps que je l'attendais... Ca me tenait à coeur de terminer cette saison, où j'ai tout gagné, par un titre suprême. Quarante-deux ans après (Calmat), c'est long...".
Q: Pourtant, vous n'étiez pas le meilleur, ce soir, sur le programme libre ?
R: "J'étais très fatigué. J'ai mal dormi car les lauréats des couples faisaient la fête à l'hôtel et ce matin l'entraînement n'était pas bon. Lambiel, qui est passé avant moi, a réalisé une performance fantastique. Sur le premier saut (un quadruple) j'ai eu peur. Ensuite j'ai géré. Au (programme) court, j'avais pris de l'avance car mes adversaires avaient fait des erreurs. Ce soir, ils se sont lâchés et c'était dur pour moi. Ensuite j'ai attendu le résultat des autres. Daisuke (Takahashi) a été très bon devant son public et Jeffrey (Buttle) a fait de grosses erreurs. J'ai gagné en faisant mon travail. Je ne voulais pas gagner le libre, je voulais gagner le titre".
Q: Ce titre n'est-il pas surtout la récompense d'une saison exceptionnelle ?
R: "C'est la récompense de 18 ans de patinage. Il y a quatre ans, j'avais dit que je voulais être champion d'Europe et champion du monde. Je le suis. Je ne passe pas pour un rigolo. Sur le podium, j'ai pensé à tous les sacrifices consentis, à ma blessure (au pied droit) qui m'a fait douter. Je ne pensais pas être prêt. Mais je ne voulais pas d'une autre médaille d'argent. Je voulais la médaille d'or".
Q: Quels sont maintenant vos objectifs ?
R: "Ce n'est que le début. Il faut continuer sur ma lancée. Défendre mes titres et penser aux Jeux de 2010 à Vancouver. Dans l'immédiat, j'ai des idées pour un nouveau programme à mettre au point pour la prochaine saison".